[Test] Guitare Fretlight et Optek Music System #2: Les logiciels

On a passé en revue dans la première partie du test tout le hardware du package Fretlight (la guitare quoi), passons maintenant à l’informatique, les logiciels qui vont donner nettement plus de valeur ajoutée à la planche.

Les Logiciels

Le package fourni avec ma guitare de test se compose de 2 parties : les logiciels maison de la Fretlight et une version d’évaluation de GuitarPro Fretlight Ready.

Les logiciels maison

Le tout se compose de quatre éléments différents : un « dictionnaire » d’accords et de gammes faisant aussi office de cours de théorie, deux players de fichiers midi, un pour les chansons et un pour bosser l’improvisation  et un lecteur vidéo.

La première chose qui me saute tout d’abord aux yeux c’est le côté désuet visuellement des logiciels. On les croirait sortis tout droit de Windows 98 … Pas très engageant. Mais comme il ne faut pas se fier au plumage, voyons ce qu’ils ont dans le ventre.

Le dictionnaire d’accords est bien réalisé. On peut trier par type d’accord (majeurs, mineurs, septièmes, …), par famille (transposables, une seule position, sur tout le manche …).

Fretlight accords et gammes 01

Quand on clique sur la famille choisie, on se trouve sur une nouvelle page qui présente les différents renversements d’accord avec un graphique et une photo de l’accord (avec des vraies mains de guitariste à la place des points, bonne idée pour ne pas se tromper de doigt quand on fait l’accord soi même) et le choix de la tonique via un menu déroulant.

Fretlight accords et gammes 02

En dessous, on retrouve une représentation graphique d’un manche de guitare pour voir sur l’écran ce que donne l’accord choisi.

Fretlight accords et gammes 04

Et surtout, on retrouve sur le manche de la guitare Fretlight ce que l’on voit à l’écran et l’on peut poser ses doigts sur les cases indiquées par les led. Très bon plan pour (re)trouver un doigté de gamme rapidement ou apprendre scolairement gammes et arpèges.
Les deux player midi sont identiques dans leur look, mais ont tous les deux des fonctions différentes. L’un ne sert qu’à jouer des songs (chansons) prévues pour le programme et qui comportent plusieurs parties de guitare (rythmique, solo, simplifiée, accord, picking, …) en fonction de la chanson. Par défaut, il n’y en a que 10 de livrées avec le logiciel, mais on peut en acheter sur le site pour étoffer son répertoire (ça va du blues au folk en passant par le rock, le hard, la pop. Il n’y a que le jazz qui ne soit pas représenté). Chaque chanson est vendue 2.99$.

song player

C’est assez efficace, même si ça fait assez bizarre de devoir regarder la touche de la guitare pour apprendre la position des doigts. Ça change des tablature, c’est un coup à prendre. Et comme on a la possibilité de faire des boucles et de ralentir le tempo, d’aller directement à une partie définie de la chanson (refrain, pont, couplet, …) ça marche bien. Mais je pense que cette section va rapidement se faire tailler des croupières par la compatibilité avec GuitarPro. On y reviendra plus tard.

Mon logiciel préféré est sans aucun doute l’ « improviser », car c’est avant tout ce que je recherchais dans ce genre d’outil. On a tout sous la main : le backing track (dont on peut choisir la tonalité et le style parmi les 149 présents par défaut), on choisit le type de gamme / arpège / mode que l’on veut bosser, on lance le playback et on est parti pour des heures de boulot facilement. D’autant plus que dans certains backing tracks, il change de gammes / mode via une option « auto select ».

Et ça rentre bien. Je me suis remis à apprendre la gamme majeure avec ces bêtises et à essayer de la placer. Après des années de pentatonique, ça fait du bien. Comme pour le song player, on peut faire des boucles sur une partie du playback, ralentir (même si ça a moins de sens dans ce contexte là), bref du tout bon.

improviser

Le dernier outil est le lecteur de vidéos. Par défaut il est fourni avec onze extraits de titres connus couvrant tous les niveaux.
Là encore, c’est bien foutu puisqu’on peut boucler la vidéo là où l’on veut, la ralentir. Bref, ce qu’il faut pour appréhender une partie difficile. Et bien sûr en même temps, la guitare s’illumine.
Quand on est dans une leçon vidéo, un chapitrage apparaît et l’on peut sauter de l’un à l’autre, comme si on était devant un DVD.
Malgré tout, on a vite fait le tour des quelques vidéos proposées (et c’est bien le but) alors si on veut enrichir son catalogue, direction la boutique, comme pour les chansons. Les leçons sont à 14.99$ mais on trouve des bundles en regroupant plusieurs de même style pour un peu plus de 50$. Par contre, je n’ai pas trouvé de chansons en vente en vidéo …

Fretlight video player 01

Personnellement, j’ai trouvé que la vidéo, c’était vraiment too much. Dur de suivre à la fois l’image et de se concentrer sur les points apparaissant sur la guitare. C’est peut être la raison pour laquelle il n’y a pas de chansons supplémentaires. Dans le contexte « cours » ça passe mieux.

Association entre Fretlight et Guitar Pro 6

Là, je dois dire qu’il s’agit d’une très bonne idée. La banque de morceaux, leçons disponibles au format Guitar Pro est tout simplement énorme (on parle d’un million de tabs sur le site de Fretlight), et pour la plupart elles sont accessibles gratuitement.
Bien sur la qualité est variable mais on trouve de très très bonnes choses partout sur le net dans ce format (à commencer par les leçons de l’ami Alex de Guitarschoolgarden).
Et là, le lecteur de chansons maison en prend un gros coup. En effet, Guitar Pro est bien plus qu’un simple lecteur de fichier midi. On a la liberté de choisir ses sons, on peut aussi faire des boucles, on a des outils puissants à disposition (dictionnaire d’accord, gammes, …) et surtout on voit les tablatures en même temps. On a donc trois inputs disponibles à la fois : la tab GP, le manche de la guitare et le son. Le choix du roi.
Si ça peut là aussi être un peu trop, je pense qu’il faut faire abstraction de la tab quand on branche la fretlight. Sinon, quel intérêt ?
Le seul désavantage que je vois est qu’il faut malheureusement une version de Guitar Pro spécifique (Fretlight Ready) et qu’il faut repasser à la caisse encore une fois, même si on possède déjà une version complète du logiciel. Il faut compter 79.99$ pour la version complète, 19.99$ pour une mise à niveau depuis GP6 et 39.99$ si on possède GP5.

Pour

  • Super outil d’apprentissage des gammes et de morceaux
  • Package complet
  • l’improviser

Contre

  • Obligation d’acheter la version Fretlight ready de GP6

L’association de la guitare et des logiciels

Jusque là, je n’ai pas beaucoup parlé de la guitare en action avec les logiciels, justement pour me focaliser sur ceux-ci.

A l’usage, il n’y a aucune latence lors de l’affichage des points sur le manche. Tout s’enchaîne avec fluidité et c’est vraiment très agréable quand on bosse des gammes ou des arpèges. Même chose avec les chansons, aucun souci à reporter, tout est très bien intégré.

En ce qui concerne les bends et autres slides, ce n’est qu’une question d’habitude, la touche affiche un petit chemin lumineux entre la note de départ et celle d’arrivée. Une fois qu’on a compris, rien de sorcier.

En revanche, il y a 2 choses qui me dérange nettement plus.

La première, c’est la position que l’on doit adopter pour visualiser correctement le manche. En effet, si on se tient normalement en position académique, il est très difficile de voir l’intégralité des points. C’est normal d’ailleurs, le manche est censé être presque parallèle au corps, donc l’angle de vision est très faible, même en temps normal. Pour l’améliorer, on se voit obligé soit de se contorsionner, d’allonger le cou, soit d’incliner le manche et la guitare. Et je vous le dis de suite, aucune de ces solutions n’est ergonomique, ni pratique, ni une bonne idée sur le long terme, surtout quand on s’adresse à des débutants. C’est un coup à engendrer de très mauvaise habitudes, voire se faire mal. Après 30 minutes à bosser des II V I avec des gammes, j’ai arrêté tellement j’avais mal au cou.

Le deuxième point critiquable, c’est la visibilité intrinsèque des diodes du manche. En pleine journée, même avec une faible luminosité, il est difficile de discerner quelles sont les diodes allumées. Je n’ai utilisé la guitare vraiment confortablement qu’en faisant le noir dans la pièce où je joue. Pas très pratique.

Mon avis

Si l’idée est excellente, la réalisation pêche à mon goût par pas mal d’approximations : guitare juste correcte (à ramener malgré tout au niveau de prix auquel elle est vendue, c’est à dire 499.99$), logiciels au look un peu trop old school à mon goût et surtout la difficulté à utiliser la guitare efficacement au quotidien. Finalement, c’est surtout de ne pas voir les diodes sur le manche quand on joue normalement et dans des conditions de lumière standard qui me gâche le plus mon plaisir. 90% des acheteurs seront dans ce cas et pas dans le noir avec la guitare sur les genoux.
Dommage, car je reste persuadé que c’est un outil pédagogique formidable.

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