[Review] Track Record – Thorbjorn Risager

Je dois avouer que je ne connaissais absolument pas Thorbjorn Risager. La lecture de la plaquette de presse qui accompagnait le CD m’a un peu renseigné et rassuré. Le groupe est composé de sept personnes et n’a pas évolué depuis plusieurs années ce qui laisse entrevoir une cohésion sans faille, détail qui a son importance quand on tourne de manière intensive.

Ce qui m’a encore plus rassuré, c’est quand le disque s’est mis à tourner dans la platine (en l’occurrence sur ma clé USB dans mon autoradio). Le son qui sort des hauts-parleurs n’a rien à envier à une galette qui viendrait des États-Unis. En effet, la cohésion du groupe s’entend tout de suite, ces musiciens sont des professionnels, de très bons professionnels. Tous les instruments sont à leur place et chacun connait la sienne.

J’aime assez peu en temps normal les sections de cuivres, sauf dans des formations de type soul rythm and blues. Et ce disque, s’il n’est pas à proprement parler soul, contient quelques chansons que la Motown ne renierait pas. Elles apportent énormément à toutes les chansons, que leur intervention soit discrète, parsemant la chanson de petites touches ou qu’elle porte carrément les riffs sur ses épaules. Elle sait se faire oublier quand il le faut, se rappelant à notre bon souvenir au moment le plus opportun.

Les autres instruments ne sont pas en reste pour autant. Ce très bon disque mixe avec le plus grand bonheur le blues, le rock, la soul, le jazz, sans que l’on ait l’impression que quoi que ce soit ne soit forcé. Les guitares sont toujours justes, elles n’en font jamais trop, même si on sent pourtant une grande maitrise chez les guitaristes. Quel que soit le style abordé les rythmiques roulent et les soli sonnent toujours très bien. Là aussi, les guitares savent se mettre en retrait quand il le faut, toujours au service de la chanson.

Et le chanteur, Thorbjorn Risager, puisqu’il s’agit de son groupe quand même, m’a étonné par sa maitrise de la langue de Shakespeare. S’il n’est pas totalement possible de le prendre pour un Américain ou un Britannique, son accent est presque parfait et l’on comprend parfaitement les paroles des chansons. Un autre bon point, c’est qu’il a une voix fort agréable et qui s’adapte parfaitement à tous les styles abordés sur cet album.

Pour faire une rapide revue des chansons l’album débute par un riff que tout guitariste qui se respecte ponctuera en tapant des pieds. D’ailleurs, tout être humain normalement constitué fera bouger une partie de son corps en rythme sur cette chanson. Ce riff de guitare lancinant donne directement envie d’attraper son instrument pour jouer de concert avec le disque (Sarssi, tu pourrais nous la faire au lapsteel je pense ;-)). Cette chanson donne le ton de tout l’album, le groove et l’envie de bouger ne vous quittera plus jusqu’à ce que le disque cesse de tourner.

Baby Please Don’t Go est un grand classique (la seule reprise de l’album d’ailleurs), il est joué plus rapidement que ce qu’on a l’habitude d’entendre. Ca donne un peps bienvenu à cette chanson un peu éculée.

Let’s Go Down’t Go est un basée sur un riff hypnotique de guitare et ses paroles ne sont pas des plus joyeuses (let’s go down to the river and drown, descendons à la rivière et noyons nous), c’est certainement ce qui en fait une chanson que j’apprécie beaucoup. Beau travail à l’harmonica également.

Les 3 suivantes sont dans la veine soul rythm and blues (You Walked Right In, 7 Steps To Heaven et Stand Beside Me), les deux premières avec entrain, la dernière dans le registre ballade romantique. Encore une fois, beau travail d’arrangement avec les cuivres.

Eyes That Turned Away est un bon blues funk up tempo vraiment entrainant, avec un refrain que j’adore. Les voix sont bien travaillées avec pas mal de choeurs tout au long de la piste.

Rhythms Of The Night est une de mes préférés de l’album. Ca groove super bien, et j’adore les « tchi ka » tout le long de la chanson. Celle-là donne encore envie de bouger tout le temps.

I’ll Be Moving On est plus une chanson de jump blues. Je verrais bien Brian Setzer y planter un petit chorus. Comme souvent dans ce style, on entend plus la section de cuivres que dans les autres chansons avec la main mise sur le riff principal et des soli de saxo à la clé.

Et pour clôturer l’album, Bells Of Joy et son ambiance moite mettent un joli point final à cette fête musical, grâce à un jeu sur les dynamiques, alternant passages soft avec des moments plus énervés, riffs de guitare saturées et gros power chords.

Pour conclure, je dirais qu’il faut se méfier des préjugés que l’on peut avoir, dans le cas de ce disque aussi bien de l’origine de la musique, le blues peut très bien venir de Scandinavie, et surtout des pochettes de CD. En effet, si le packaging est impeccable (comme d’habitude avec Dixiefrog), l’image qui illustre l’album n’est pas ce qu’on pourrait appeler d’une grande originalité. Le gars qui se balade le long d’une voie de chemin de fer avec un étui de guitare à la main, ça a déjà été fait maintes fois. Comme quoi il ne faut pas juger un livre ou plutôt un disque à sa couverture, ni par le nom de son auteur.

Si vous aimez le blues au sens large, les belles guitares, les riffs de cuivre et les bonnes chansons, je ne saurais trop vous conseiller l’achat de cette galette.

Tracklisting :

01 Rock’n’Roll Ride
02 Baby Please Don’t Go
03 Let’s Go Down’t Go
04 You Walked Right In
05 7 Steps To Heaven
06 Stand Beside Me
07 Eyes That Turned Away
08 Rhythms Of The Night
09 I’ll Be Moving On
10 Bells Of Joy

Vous pouvez l’écouter sur Deezer ou sur Spotify

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