[Review] Diabel Cissokho and Ramon Goose – Manasana Blues : l’Afrique se met au blues

Tout d’abord, même si ce disque est paru chez Dixiefrog, il ne s’agit pas d’un disque de blues à proprement parler. Plutôt d’un disque fusionnant musique africaine et blues. Je pense que si on a pas un minimum d’ouverture, ce disque risque de laisser froid l’auditeur de blues lambda. En revanche si on aime la kora et les rythmes africains, on est presque sûr de prendre son pied !

Dans l’ensemble, les chansons sont donc majoritairement à “consonance africaines”, mais on sent bien le blues apporté par Ramon Goose (qui officiait dans le combo Nublues). Et il faut bien dire que tout ça va très bien ensemble. La complémentarité des genres est excellente. La guitare (principalement acoustique ou à résonateur jouée en slide ou de manière standard) contrebalance très bien la kora de Diabel Cissokho.
Je noterai peut être simplement un manque dans le registre des basses, pas assez appuyées à mon goût. On entend bien (trop ?) les aigus, mais ça manque de gras dans les basses fréquences malgré la présence d’une basse …
On reconnait bien tout au long de l’album les rythmes caractéristiques et chaloupés de la musique africaine. Rien que ça, ça met de bonne humeur à l’écoute. En plus la qualité du disque ne doit rien à un élément externe puisqu’il n’y a pas une reprise à l’horizon. Toutes les chansons sont des compositions des deux compères, principalement de Diabel d’ailleurs.
Un petit regret de ma part est que la guitare électrique n’est présente que sur la moitié des chansons. On entend beaucoup plus l’acoustique, ce qui est dommage, car le mélange électrique / kora est excellent et je pense que plus de chansons dans le style de “Dioungo” par exemple auraient cassé la monotonie induite par l’ambiance trop acoustique du disque.
Encore au chapitre des petites récriminations, ne pas avoir les paroles en Français ou en anglais dans le livret, ce n’est pas très pratique. Je dois dire que je maitrise très mal le mandingue et les autres dialectes et langues africaines (woloff, peul, foulani) utilisés dans les chansons.
En conclusion, je dirais que ce disque est un ovni dans ma discothèque principalement blues, mais il fait du bien aux oreilles car il apporte un peu de soleil africain et de bonne humeur (plutôt rare pour du blues).
Et pour vous donner une idée de ce que ce mélange des genres peut donner, voici une petite vidéo disponible sur la page de Dixiefrog dédiée à cet album, où en prime vous pouvez écouter des extraits de tout le disque.
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Belle musique mais pas si nouveau puisque Taj Mahal et Toumani Diabate s’étaient livrés au même exercice.
Le titre de l’article n’est pas très bien choisi: ça fait longtemps que blues et musique africaine communiquent puisque la 1ère a ses racines dans la seconde.
A voir sur le sujet : “Du Mali au Mississipi” un des docu sur les blues produit par Scorcese.
@ Benj : je n’ai pas dit que c’était nouveau, loin de là. Il y a certes des antécédents, mais ce n’est quand même pas leur nombre qui va nous étouffer.
Je plussoie sur “Du mali au Mississippi” c’est un super doc (toute la série des Scorcese est excellente d’ailleurs).