Review de concert : soirée Blues avec Joe Louis Walker, les Bellrays et C R Avery

Tous les ans, le festival Le blues autour du zinc est organisé dans la bonne ville de Beauvais, pour mon plus grand bonheur puisque :

  1. j’aime le blues
  2. je n’habite pas très loin de Beauvais
  3. ils ont très bons goût en ce qui concerne leurs invités

Je suis donc un régulier et presque tous les ans, je fais un concert ou deux. Cette année, je suis tombé en retard sur leur site pour cause de vacances lointaines et un peu au dernier moment, je me suis décidé pour aller voir Joe Louis Walker. Enfin quand je dis que je suis allé voir Joe Louis, c’est inexact puisqu’une soirée (payante, car il y a un tas de concerts gratuits avec de bons groupe pendant le festival) regroupe en fait au moins deux ou trois sets d’artistes différents.

Au menu ce soir là, après avoir morfalé en quatrième vitesse un sandwich grec frites acheté au « Kebab de la ZUP », je m’avance vers le premier rang dans une salle à moitié vide pour écouter C R Avery.

C’est un jeune canadien de Vancouver qui pratique un blues Hip Hop, mélangeant avec bonheur synthé, harmonica, human beatbox, blues old school et flow rap, tout ça tout seul et en même temps. Une belle prouesse et franchement sympa à voir sur scène pour un set de 45 minutes. Pour être franc, je ne sais pas si un concert d’un heure et demie m’aurait autant plu. Mais pour le rappel, il nous a fait un conte moderne d’un boxeur qui revenait de Londres. Je sais dit comme ça ça fait con, mais c’était bien. Apparemment, une grosse part de ses shows se fait à raconter des histoires et parler .. en anglais forcément. Donc à Beauvais ça le fait moyen.

Voici quelques images et deux vidéos de la bête, pour vous donner une idée.

C R Avery keys

C R Avery Harmonica

Vidéo 1

Vidéo 2

Deuxième concert, la salle commence à se remplir gentiment. Arrivent sur scènes, les Bellrays, en tous les cas, le coeur des Bellrays en la personne de Lisa (chant) et Bob (guitare acoustique Ibanez) mari et femme dans la vraie vie.

En les voyant arriver, j’ai eu un peu peur. Robe et chemise du même tissu assorti, cheveu longs pour monsieur et afro pour madame, on les croirait sortis tout droit des 70’s. En fait non, le groupe date des années 90 … Heureusement, leur musique est nettement meilleure que leur look, alternant, blues, rock, soul, folk, quand ce n’est pas un peu de tout dans la même chanson. Mention spéciale à la voix de Lisa qui est sensuelle, chaude et soul ou rocailleuse et rock selon le contexte. Par contre, Bob à la guitare, c’est pas mal mais sans plus. Au final et après quelques chansons énergiques qui ont mis le feu à l’assistance, on peut dire que c’est une belle découverte (pour moi, en tous les cas, car il y avait visiblement des fans dans l’assistance). A découvrir et écouter.

Voici également quelques photos et une vidéo de Lisa (et de son pied de micro, désolé j’étais juste en face) et Bob en action.

Lisa Bellrays

Bob Bellrays

Vidéo des Bellrays

Enfin troisième set, celui de Joe Louis Walker et son band. Autant le dire tout de suite, j’ai été déçu. A mon sens, il doit pouvoir faire bien bien mieux que ça au regard de ses albums studio.

Bref, arrivée des musiciens sur scène, qui branchent eux-même tout leur matos !!! Bassiste (l’air pas commode du tout, pas envie de l’embêter celui-là !!!) jouant sur une T bass me semble-t-il. Le guitariste rythmique branche une belle Les Paul Gibson table en érable flammé dans un petit combo Fender à lampes. Joe Louis quant à lui arrive avec deux grattes : une Yamaha (oui Netgui, une Yamaha comme toi avant) et une Epiphone Les Paul gold Top 50’s pour le slide. Pour info, la Yam est une Signature Sammy Hagar (ancien braillard de Chez EVH) pas franchement la guitare blues … Comme quoi, pas besoin de guitare à 5 000 dollars pour jouer le blues. L’important c’est qu’il y ait des cordes dessus !!! Et le monsieur se branche aussi dans un Fender à lampes.

Une fois tout ce petit monde installé, ça démarre et cette fois la salle est pleine. Ça démarre mal, le guitariste rythmique a l’air un peu « vert ». Je me suis demandé tout le concert s’il n’avait pas appris les morceaux dans l’avion parce qu’il fallait que Joe Louis lui dise quand il fallait qu’il joue les riffs avec la wah wah, bizarre… Au bout de trois chansons, ça allait quand même mieux, mais pour casser l’atmosphère, il n’y a pas pire … En revanche, section basse – batterie, ça assure grave. Et heureusement que j’avais pris mes bouchons car ça joue quand même fort.

Joe Louis lui assure, on sent que le gars a de la bouteille, il est rompu au show en tant que leader, il discute avec le public, sourit tout le temps. Et il joue bien. Le son rien à dire, c’est bon. Par contre, il sonne presque rock par moments, ce n’est pas B B King quoi. Il a digéré des influences multiples (blues bien sûr, quelques arpèges me donne à penser qu’il connait le jazz, le rock également, le funk, une bonne palette), mais le set de la soirée restera exclusivement blues (dommage, je pense). Au fait, j’ai appris que le monsieur a été colocataire avec Mike Bloomfield !! Il ne doit pas être si jeune que ça …

Démonstration en vidéo

Alors pourquoi cette déception. Principalement à cause de la trop grande linéarité de la set list, des ennuis du guitariste rythmique (en plus de ne pas trop connaitre les parties des chansons, il avait du mal avec la balance des potards de volume de sa LP, il a eu un problème technique avec ses pédales, coupure de son au moment de prendre un chorus, la loose quoi …). Et je n’ai pas senti le groupe se lâcher et se donner à fond. Il y avait comme de la retenue, et ça m’a un peu dérangé. Toutefois, ça reste un concert de bonne qualité, il n’y avait pas vol sur la marchandise. Mais à mon avis, ils doivent certainement pouvoir faire mieux. C’était peut être un mauvais soir, tout simplement.

Et quand même un peu de couleur pour vous donner une idée.

JL Walker Yamaha

JL Walker Epiphone

JLW Bass

JLW R Gtr

Et le petit coup de gueule de la fin. Les mecs avec des appareils photo reflex ou des bridges qui se prennent pour des photographes pro me les brisent menu. Ca ne leur donne pas le droit de se planter devant les gens, de forcer l’accès aux premiers rangs (y z ont pas de zoom sur leur appareil de riches ?) ou de souffler leur haleine fétide sur la nuque des spectateurs. Surtout qu’avec leurs conneries, ils loupent le concert mine de rien.

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